Le codefunding avec Adrien Aumont

Published by Miruna on January 20, 2014


Adrien Aumont

Commençons avec un petit story telling a l'ancienne: ton parcours?

J'ai un parcours plutôt atypique. J'ai arrêté l'école à 14 ans, car je ne m'y épanouissais pas. Je me suis orienté vers le cinéma où j'ai fait plein de petits jobs qui m'ont permis de découvrir ce secteur. J'ai été assistant metteur en scène, assistant photo, assistant caméra ... j'ai beaucoup assisté et beaucoup appris. J'ai ensuite monté ma première entreprise (une société de productions de courts-métrages) à 16 ans suite à mon émancipation.

Au fil des rencontres à 18 ans je me suis retrouvé assistant de Thierry Ardisson pendant un moment avant de monter ma deuxième boîte: EpidemiK.

Avec mon associé de l'époque, on s'intéressait aux phénomènes de propagation (avant les YouTube et consorts). On s'est retrouvés à parler de ce "marketing undercover" comme on l'appelait à des grands patrons d'agence. On en a même parlé à tous les patrons d'agence ... mais on n'a rien vendu...

J'ai ensuite travaillé dans la publicité et les bureaux de mon agence étaient à côté des bureaux d'Ombline (ma cousine et depuis mon associée). Elle travaillait dans la musique et on a commencé à se poser des questions sur le futur de l'industrie musicale, sur le fait qu'elle était en crise alors que les gens n'avaient jamais écouté autant de musique.

On en est arrivé à réfléchir à la possibilité d'adapter des réflexes de collaboration que l'on constatait sur les réseaux sociaux à des flux d'argent.

On a travaillé sur l'idée de notre plateforme pendant une année avec ma cousine et son mari Vincent avant de lancer KissKissBankBank. Nous nous sommes depuis associé en famille pour monter KissKissBankBank puis HelloMerci.

Comment ça se passe avec les développeurs de l'équipe ?

On a mis du temps avant de trouver la bonne équipe de développeurs. Presque 2 ans pour arriver à l'équipe que nous avons aujourd'hui dont nous sommes très contents. Nous avons 4 développeurs sur une équipe de 13 personnes.

Une équipe de 2 développeurs bosse sur KissKiss et une sur HelloMerci.

Ce qui est central c'est d'avoir des développeurs qui ont une bonne communication avec l'équipe. C'est central parce que c'est eux qui mettent les mains dans le produit et qu'avec une vision produit/marketing en plus ils deviennent très rapidement force de proposition.

Ce qui est aussi très intéressant c'est le travail collaboratif entre nos deux équipes de développeurs. Quand une solution développée pour HelloMerci tourne parfaitement, la collaboration entre les équipes permet de répliquer ce qui marche et d'accélérer les process.

En quoi c'est un plus pour un jeune entrepreneur de savoir coder ?

Être entrepreneur et monter une startup et savoir coder c'est comme monter son restaurant et avoir bossé en cuisine. Que tu mettes les mains dans le cambouis en codant toi-même ton proto ou que tu prennes de la hauteur en recrutant un CTO ce qui est important c'est de savoir de quoi tu parles.

Le travail collaboratif ça t'évoque quoi ?

Il y a plein de choses intéressantes qu'on a appris des métiers de la programmation. Le lean, l'agilité etc ... ça vient de ces milieux-là. En ce qui me concerne, j'ai découvert tout ça il y a quelques années et ça a énormément aidé au niveau des process internes. C'est une belle avancée qui est fondamentalement inspirée des méthodes de programmation, typiquement le principe d'itération qui est très utilisé en lean management.

Quels profils vous aimez bien chez KissKissBankBank ?

Une énergie débordante, de la créativité et de la bonne humeur. Dans une startup qui a 13 salariés et qui envisage de grossir, la base de l'équipe c'est essentiel par rapport à l'ADN originel de la société. Si cette base est dans le bon esprit et croit dans le projet, la croissance sera plus efficace, car elle aura cet ADN essentiel en elle.

Quels langages/technos utilisez-vous ?

Nous travaillons actuellement sur Ruby on Rails et nous observons des technos comme Clojure et Angular.

Ton avis sur le programme Première Classe ?

Je pense qu'apprendre à coder aujourd'hui c'est un besoin comparable à celui d'apprendre Word et Excel il y a 20 ans. On devient vieux vite si on ne s'adapte pas aux nouvelles technologies. Personnellement, je n'ai pas envie de me sentir vieux dans 5 ans parce que je ne parle pas ces langages qui sont de plus en plus inévitables. Mais je ne m'y suis toujours pas mis. Je suis donc encore un peu ringard...

C'est quoi ton ressenti par rapport aux langages de programmation ?

Je n'ai jamais vraiment mis les mains dans le code, en revanche Bob, l'un de nos développeurs, nous fait régulièrement des formations en interne. Une fois par semaine. Je ne suis pas hyper assidu je dois le reconnaître, mais il y a quand même un cours qui m'intéresse vraiment : celui sur l'histoire du code.

C’est fascinant de voir comment en partant du néant, les langages de programmation ont évolué, de génération en génération, se sont simplifiés, en se rapprochant du vrai langage.

En résumé, une génération de développeurs prépare le langage qu'il transmettra à la génération suivante pour lui faciliter le quotidien. C'est cette chaine de transmission et d'amélioration qui me fascine.