Les selectionnistas

Published by Miruna on February 14, 2014


Selectionistas

Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?

Tatiana Jama : J’ai une formation d’avocat, j’étais spécialisée en contentieux pénal des affaires et j’ai rencontré mon associé, Lara Rouyres en école de commerce à HEC. J’ai exercé jusqu’en 2009, date à laquelle j’ai quitté cette belle profession pour en embrasser une nouvelle, celle d’entrepreneur. En 2010, j’ai cofondé Dealissime.com avec Lara, qui était un site de vente de prestations de services orienté haut de gamme et féminin. Le site s’est très bien développé et en 2011, nous avons revendu Dealissime au groupe Livingsocial/Amazon.

L’univers de la Tech est un milieu qui est majoritairement masculin, est-ce que tu peux nous parler de ton expérience en tant que femme dans le milieu Tech ?

Lara Rouyrès : Rien à signaler ! Nous sommes toujours très bien accueillies. Aucune difficulté à travailler dans un « milieu d’homme ». Je pense que les différences quand elles existent sont plus des différences de génération que de genre.

Avec ta partenaire Lara, vous venez de vous lancer dans une nouvelle aventure : Selectionnist ? C’est quoi ? Quels sont vos objectifs ?

74% des lectrices de presse féminine* (*enquête opinionway) éprouvent des difficultés à retrouver un produit qu’elles ont vu dans la presse ! Quand on lit un support papier, les seules solutions pour se souvenir d’une information qui nous intéresse, c’est soit de déchirer un bout de page, soit de prendre une photo en espérant qu’elle ne se perde pas dans le flux de photos !

Mais aller au bout de sa démarche d’achat ou d’information du produit relève de l’impossible. En moyenne, le temps nécessaire pour qu’un internaute retrouve un produit via les moteurs de recherche est de 18 à 20 min.

Nous voulions rendre ce service aux lectrices de presse féminine et en même temps, aider les marques à améliorer la conversion d’une lectrice en acheteuse. C’est pour cela que vous nous avons crée Selectionnist, le 1er moteur de recherche à destination des lectrices de presse magazine, mais également un service de curation s’appuyant sur la prescription de la presse.

Sur ce marché, quels sont vos principaux atouts ?

Nous pensons en avoir plusieurs comme notre connaissance du marché (nous sommes nos propres clientes), notre binôme et notre complémentarité, notre courte, mais riche expérience entrepreneuriale et notre envie d’aller vite notamment à l’international.

Avez-vous des concurrents ?

Selectionnist est un moteur de recherche à destination des lectrices de presse magazine, mais également un service de curation s’appuyant sur la prescription de la presse. Certains sites, essentiellement aux US, s’appuient sur la recommandation de célébrités ou du social shopping. Ils sont comme nous des cahiers d’inspiration avec des sources différentes, mais pas réellement des compétiteurs. Sur mobile uniquement, des choses ont été tentées, d’autres sont en construction, mais il n’existe pas de modèle 360 tel que nous l’envisageons.

Mais si de nouveaux concurrents voient le jour, tant mieux ! On aime la concurrence et on en a l’habitude… on était sur un marché extrêmement concurrentiel avec Dealissime.

Dans la conception de votre dernier projet quelle a été la place du développement web, pourquoi ?

Énorme ! Difficile de faire l’impasse sur la techno en tant que Startup. Mais la techno coute très cher, alors nous avons du faire des concessions. Nous avons de nombreux projets en cours qui sont assez technos… Nous espérons les sortir prochainement.

Quels langages / technos utilisez-vous ?

Je passe la main à notre geek, Adrien ;)

Adrien : Une combinaison classique LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP) avec un framework PHP inspiré de Ruby on Rails. Nous mettrons aussi en place un Elasticsearch pour la recherche.

Pour toi apprendre à coder ça représente quoi aujourd’hui ?

Adrien : Le code est un outil qui permet de passer d'une conception intellectuelle à une réalisation concrète, simplement et sans besoin prohibitif de matériel, de matière première, etc. Savoir coder permet de ne pas être dépendant d'autrui pour cela. L'informatique étant omniprésente, on peut voir les compétences de code comme le lettrisme d'une certaine époque, quand ce savoir n'était pas si répandu… Ce constat s'affirme de plus en plus dans la conscience collective, et de belles opportunités apparaissent pour diffuser plus largement ces connaissances.

Tu penses quoi de l'initiative Première classe du Wagon (9 semaines intensives de code) ?

Adrien : L'immersion est une expérience nécessaire à tout programmeur. Et avoir des formateurs disponibles peut faire toute la différence !