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Comment Fiona et Gabriel ont co-fondé My Holy, une marque de tampons en coton bio

Après avoir suivi la formation du Wagon batch #70, Fiona et Gabriel s'associent pour fonder My Holy, une marque de tampons 100% bio et eco-friendly. Ensemble, ils se donnent pour mission de démocratiser l'accès à des protections feminines saines et de bousculer les codes de ce secteur avec une approche simple, engagée et décomplexée.

Comment Fiona et Gabriel ont co-fondé My Holy, une marque de tampons en coton bio
Avec notre alumni Fiona Picot Founder chez My Holy En savoir plus sur Fiona
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"A priori on avait coché toutes les cases pour ne pas paraître sexy aux yeux des investisseurs : une startup BtoC, avec un produit physique de consommation courante, que les hommes - et donc la majorité des investisseurs - n’utilisent pas, dirigée par une femme de moins de 30 ans, dont c’est la première entreprise, sur un marché trusté par les industriels historiques et avec un capital très modeste !"


Que faisiez-vous avant de rejoindre Le Wagon ? 


[Gabriel] Je suis diplômé du master en finance de l’ESSEC. Je me suis d’abord orienté vers le secteur de la banque à Londres, ensuite j’ai intégré Lion chez The Family puis j’ai été freelance chez Numa en tant que Growth Hacker.

[Fiona] J’ai suivi le parcours grande école à EM Lyon puis j’ai fait deux ans de conseil en stratégie chez Altermind. Fin 2016, je me suis inscrite au Wagon, avant d’avoir l’idée de My Holy, et quelques mois après j’ai embarqué Gabriel dans cette aventure.

Comment avez-vous créé My Holy à la sortie du Wagon ?

En septembre, on a créé la boîte et dans la foulée on a eu l’opportunité d’être incubés chez Naver à Station F.
Fiona et Gabriel pendant leur formation au Wagon

On s’est rencontrés grâce au Wagon, on a fait tous les deux le batch #70 à Paris. A la fin de la formation en juin 2017, on a travaillé ensemble pendant l’été pour challenger le concept, le business model et notre association. On a pris le temps de s’accorder sur l’entreprise et la marque qu’on souhaitait construire ensemble. En septembre, on a créé la boîte et dans la foulée on a eu l’opportunité d’être incubés chez Naver à Station F. On y est resté un an et ça a changé beaucoup de choses dans la suite de l’histoire. Taro, le manager du programme, a été le seul à nous faire confiance à l’époque - alors qu’on n’avait pas de produit et encore moins un projet tech - mais il vous dirait probablement que la chance respecte ceux qui la respectent ☺


Est-ce que savoir coder vous a été indispensable pour lancer votre projet ?


[Gabriel] Clairement ! C’est peut-être moins évident quand un business repose sur une plateforme de marque plutôt qu’une app tech, pourtant le site e-commerce est une vitrine en constante évolution et c’est primordial d’avoir la main dessus, d’être agile sans être tributaire d’un intermédiaire. 

[Fiona] On a démarré avec 20 000€, ce qui représentait un vrai défi quand on sait qu’on devait financer la production de la première palette de tampons avec cet apport. On n’aurait pas eu les moyens de s’entourer de talents artistiques pour poser les bases d’une identité forte si par ailleurs on avait dû allouer un budget pour faire appel à un développeur. 


My Holy, c'est quoi ? Quelles sont vos missions, vos valeurs ?

My Holy c’est la nouvelle self-care brand, à la fois pop and conscious, qui s’inscrit dans le modèle des « Digitally Native Vertical Brands », ces marques consumer nées sur Internet, obsédées par l’expérience utilisateur et qui maîtrisent les réseaux sociaux sur le bout des doigts. On a commencé par l’hygiène intime parce que c’est une aberration : en étant soumise à aucune réglementation, la composition des protections féminines est à peu près autant encadrée que celle du papier toilette, alors que la paroi du vagin est l’une des plus absorbantes du corps. Résultat : 20 à 30 substances chimiques ont été détectées dans les tampons des 6 marques les plus utilisées. 

Nous on fait le pari du bio, à travers le digital en s’adressant aux millennials : « c’est sain, c’est simple et c’est cool », voilà notre promesse ! À court terme on se concentre sur le développement d’une gamme complète d’alternatives pour les règles, du jetable au réutilisable sans discours moralisateur ni culpabilisant quant aux préférences de chacune, avec l’ambition de rendre accessible la qualité au plus grand nombre et d’accompagner les femmes vers des solutions plus durables, écologiques et zéro-déchet.

On aura réussi le jour où My Holy incarnera une voix qui permettra de fédérer une communauté autour de convictions fortes : la naturalité, la transparence et l’inclusivité.
Tampons en coton bio My Holy
On aura réussi le jour où My Holy incarnera une voix qui permettra de fédérer une communauté autour de convictions fortes : la naturalité, la transparence et l’inclusivité. En revanche, nous n’avons pas vocation à être une marque consensuelle qui plaît à tout le monde car nous avons pris le parti de briser vraiment les tabous et souvent ça dérange... On a notamment reçu de nombreux avis et commentaires négatifs suite à la diffusion en décembre dernier de notre mini-film montrant enfin une tache de sang (rouge !) sur une culotte. 

Ce positionnement tranché et clivant est complètement assumé, les polémiques sont d’ailleurs un très bon signal. Tant qu’on ne laisse pas les gens indifférents, c’est la preuve qu’on pose les bonnes questions, qu’on touche du doigt quelque chose qui fait avancer et qu’on suscite un débat constructif.


Est-ce-que vous avez déjà levé des fonds ou comptez le faire ?


On va décevoir parce que ce n’est pas un choix dans l’air du temps mais on n’a encore jamais levé de fonds. On en est très fiers – d’ailleurs, on tient probablement ça du Wagon (rires) – et on se bat au quotidien pour garder notre indépendance le plus longtemps possible. Pour autant, on n’est pas naïfs et on a bien conscience qu’il va nous falloir accélérer dans les prochains mois. Simplement on essaye de rester pragmatiques, de faire preuve de bon sens et de ne pas brûler les étapes. Par analogie avec la construction d’une maison : on peut s’offrir la meilleure des charpentes et se payer le plus doué des maçons, si les fondations ne sont pas solides, tout s’écroule ! Et en réfléchissant de cette manière, d’un point de vue stratégique, on voit bien que certains entrepreneurs pensent davantage à s’acheter une résidence secondaire alors même que leur demeure principale n’est pas isolée et n’a pas de toit étanche ;)

On essaye de rester pragmatiques, de faire preuve de bon sens et de ne pas brûler les étapes.
Soirée de lancement du Pop-up store My Holy
Surtout, on a plus de crédibilité aujourd’hui parce qu’a priori on avait coché toutes les cases pour ne pas paraître sexy aux yeux des investisseurs : une startup BtoC, avec un produit physique de consommation courante, que les hommes - et donc la majorité des investisseurs - n’utilisent pas, dirigée par une femme de moins de 30 ans, dont c’est la première entreprise, sur un marché trusté par les industriels historiques, alors qu’on n’avait que 20K€ de capital de départ ! Dis comme ça, c’est vrai que c’était pas gagné mais My Holy se développe sainement et sûrement ☺


Quels sont tes conseils pour ceux qui souhaitent entreprendre après la formation ?
Fiona et Gabriel, co-fondateurs de My Holy

[Gabriel] Bien s’associer. C’est-à-dire opter pour la complémentarité des compétences et des personnalités mais veiller à partager les mêmes valeurs - le rapport au travail, à l’argent, à la notoriété – et avoir une discussion claire (et sans ego) sur la répartition des rôles, des parts et ce qu’on a envie de créer à long terme !

[Fiona] Tester au plus vite. Lancer un produit dans la vraie vie, même imparfait et incomplet, pour ensuite améliorer son offre sur la base de retours clients concrets. Il faut prendre son téléphone, les appeler et parler à ses premiers utilisateurs. De manière générale, commencer petit, les mains dans le cambouis et ne pas se comparer aux autres.


Le Wagon est une communauté avant tout. Ce réseau vous a-t-il été utile ? 


[Gabriel] On a une chouette bande de copains du Wagon qui ont aussi sauté le pas de l’entrepreneuriat. On se retrouve souvent pour échanger et on se sent moins seuls avec nos problèmes ahah ! Quant à nos besoins tech, ils tendent à se complexifier et dépasser le stade du simple front end e-commerce. Du coup, c’est précieux d’avoir accès à des profils « dev » qualifiés et toujours partants pour nous aider.

[Fiona] On s’est trouvés en tant qu’associés et c’est déjà énorme ! Honnêtement, je ne sais pas ce que j’aurais fait de cette idée si j’avais dû repartir seule après Le Wagon. Personnellement, j’ai toujours un immense plaisir à revenir pour raconter notre histoire aux nouveaux étudiants. Et c’est une communauté vraiment bienveillante (suffisamment rare pour le souligner) qui nous le rend très bien.

En ce moment, leur nouveau produit, une culotte absorbante dédiée aux règles, est actuellement disponible en pré-vente sur Ulule.

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